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Caractéristiques

  • réalisateur : Jeff Nichols
  • année de production : 2007
  • date de sortie : 2 janvier 2008
  • durée : 92 minutes
  • pays : USA
  • festivals : Festival de Berlin 2007 Forum – Festival Paris Cinéma 2007

Synopsis

Son Hayes ne parle jamais des marques sur son dos. Les plombs sous sa peau forment un étrange dessin de points bleus-noirs. Pour ses collègues de travail, l’origine de ces cicatrices est même devenu un objet de paris.

Ses frères, Boy et Kid ne lui en parlent jamais.

Mais son passé, tout comme ses cicatrices n’est jamais loin derrière lui. Leur père, qui ne s’est même pas soucié de leur donner un vrai prénom, les a abandonnés quand ils étaient petits. Ils s’en souviennent comme d’un alcoolique violent qui faisait passer ses intérêts avant ceux de sa famille.

Les trois enfants ont été élevés par une mère détestable, qui les rend responsables encore aujourd’hui, de la vie qu’elle mène et et du départ de son mari. Oubliant ses enfants aussi sûrement que son foyer, cet homme a changé de vie.

Devenu un fervent catholique, sobre, remarié à une femme de valeur, il a eu quatre autres enfants. Qui eux ont de vrais prénoms.

Revue de presse

Le Monde

Shotgun stories
De Jeff Nichols (USA, 2007, 1h32)
Avec Michael Shannon, Douglas Ligon, Barlow Jacobs…

Bonne nouvelle, le jeune cinéma indé américain bouge encore. Après le beau et minimal Old Joy de Kelly Reichardt, voilà Shotgun Stories de Jeff Nichols, un jeune homme de l’Arkansas qui sort tout juste de l’université de cinéma. Mais pour un perdreau de l’année, Nichols possède déjà un sens très sûr du cadre, du récit, des mythes fondateurs de son pays, et surtout, une patience et un calme de vieux sachem du cinéma : ce superbe Shotgun stories pourrait être signé John Ford, un Ford mâtiné de l’esprit low-fi des nouveaux baladins américains de la country désenchantée du genre Mark Linkous ou Will Oldham (qui précisément jouait dans Old Joy, tout se tient).
Il y a aussi un petit lien de parenté entre ce titre et A History of violence : des histoires de fusillades, une histoire de la violence, une affaire américaine ancestrale, née avec la création des Etats-Unis. Jeff Nichols s’inscrit dans la double généalogie de son pays et de son cinéma et raconte justement une histoire de filiation problématique. Dans l’Arkansas rural, trois frères apprennent la mort de leur père. Celui-ci les avait abandonnés des années auparavant pour refaire sa vie et avoir d’autres fils à trois fermes de là. Les funérailles tournent au début de règlement de comptes entre les deux fratries rivales et consanguines. Les vieilles blessures se rouvrent, la spirale infernale de la jalousie et de la vengeance se met doucement en branle et personne ne parvient à refroidir ce mauvais chaudron des névroses familiales. Une bande de white trash rejoue l’éternelle tragédie des Atrides au milieu de l’Amérique désolée, immense étendue désertée par la justice, la loi, la civilisation, où les conflits se règlent encore d’un coup de fusil.
Nichols filme cette trame de western avec précision et sobriété, en évitant les effets spectaculaires, en se gardant aussi bien de l’héroïsation que de la stigmatisation de ses personnages, en respectant les raisons de chacun, et en donnant ce qu’il faut de temps au temps. Entre deux scènes de montée de tension, le film respire à grandes goulées, montre des « temps morts », le tissu d’un quotidien en partie désoeuvré. Par exemple un des frères, qui refuse l’engrenage de la violence, occupe sa vie à entraîner des mômes au basket ou à réparer l’autoradio de sa voiture.
Pour prendre une métaphore picturale, il y a dans ce film un superbe équilibre entre le trait (du scénario, de la dramaturgie conflictuelle) et la matière (la vie qui s’écoule, le rapport intense au temps, aux paysages, aux lieux). Il y a surtout chez Nichols une absence d’ego auteuriste, de prise en otage des personnages ou des spectateurs, une mise à disposition de lui-même au service de l’histoire, des personnages et des lieux filmés qui dénote une stupéfiante intelligence de cinéma, une confiance renouvelée dans les moyens les plus dépouillés de ce désormais vieil art. Enfant de l’Arkansas, Nichols a choisi la caméra plutôt que la carabine et s’en sert judicieusement en shootant surtout moins vite que son ombre. Son film est la première et superbe salve ciné de la nouvelle année. Yeepee, ça repart bien.

Serge Kaganski
Sortie le 2 janvier

  • Les Hannas

    de Julia C. Kaiser – Allemagne – 2016

  • Irritzina, le cri de la génération climat.

    de Sandra Blondel & Pascal Hennequin – France –

  • Priscilla, folle du désert

    de Stephan Elliot – Australie – 1994

  • Entre deux rives

    de Kim Ki-duk – Corée du Sud – 2016

  • The Bacchus Lady

    de E J-Yong, Corée du Sud, 2015

  • Suntan

    de Argyris Papadimitropoulos, Gréce, 2016

  • Homo sapiens

    de Nikolaus Geyrhalter, Autriche, 2016

  • Sparrows

    de Runnar Runarsson, Islande/Danemark/Croatie, 2015

  • Mountain

    De Yaelle Kayam, 2015, Israël – Danemark

  • Blanka

    de Kohki Hasei -2015 – Italie

  • La chambre d’en face

    de Michael Noer – 2015 – Danemark

  • Censored Voices

    de Mor Loushy – 2015 – Israël/Allemagne

  • Amours, larcins et autres complications

    De Muayad Alayan, 2015, Palestine

  • Les nuits blanches du facteur

    D’Andreï Konchalovsky, 2014, Russie

  • Heinrich Himmler – The Decent One

    De Vanessa Lapa, 2014, Israël / Allemagne

  • The Gambler

    De Ignas Jonynas, 2013, Lituanie / Lettonie

  • Siddharth

    De Richie Mehta, 2013, Canada / Inde

  • Trap Street

    De Vivian Qu, 2013, Chine

  • Hemel

    Sacha Polak, 2012, Pays-Bas

  • Wajma, une fiancée afghane

    De Barmak Akram, 2013, Afghanistan / France

  • Workers

    De Jose Luis Valle

  • Eat, sleep, die

    De Gabriela Pichler, 2012, Suède

  • Ici et là-bas

    De Antonio Méndez Esparza, 2012, Espagne / USA / Mexique

  • Sharqiya

    De Ami Livne, 2012, Israël / France / Allemagne

  • A little closer

    De Matthew Petock, 2010, USA

  • Nouveau souffle

    De Karl Markovics, 2011, Autriche

  • Hors des sentiers battus

    De Dieter Auner

  • Les petites voix

    De Jairo Eduardo Carillo & Oscar Andrade, 2010, Colombie

  • Pure

    De Lisa Langseth, 2010, Suède

  • Voltiges

    De Lisa Aschan, 2011, Suède

  • Un été suédois

    De Fredrik Edfeldt, 2002, Suède

  • Le braqueur – la dernière course

    De Benjamin Heisenberg, 2009, Allemagne

  • Soldat de papier

    De Alexei German Jr, 2008, Russie

  • Norteado

    De Rigoberto Perezcano, 2009, Mexique

  • La nana

    De Sebastain Silva, 2009, Chili

  • Parking

    De Mong-Hong Chung, 2008, Taïwan

  • Parque via

    De Enrique Rivero, 2008, Mexique

  • Amours aveugles

    De Juraj Lehotsky, 2007, Slovaquie

  • 7ème ciel

    D’Andreas Dresen, 2008, Allemagne

  • Un monde sans eau

    De Udo Maurer, 2007, Autriche / Luxembourg

  • Children

    De Ragnar Bragason, 2006, Islande

  • Shotgun stories

    De Jeff Nichols, 2007, USA

  • Des chiens dans la neige

    De Ann-Kristin Reyles, 2007, Allemagne

  • Armin

    De Ognjen Svilicic, 2007, Croatie

  • Montag

    De Ulrich Köhler, 2005, Allemagne

  • Lucy

    De Henner Winckler, 2005, Allemagne

  • Guernesey

    De Nanouk Leopold, 2005, Hollande

  • Des bateaux d’écorce de pastèques

    D’Ahmet Uluçay, 2004, Turquie

  • Voyage scolaire

    De Henner Winckler, 2002, Allemagne

  • Marseille

    D’Angela Schanelec, 2004, Allemagne

  • En route

    De Jan Krüger, 2004, Allemagne

  • Le bois lacté

    De Christoph Hochhaüsler, 2003, Allemagne

  • Le faisan d’or

    De Marat Sarulu, 2001, Khirghistan

  • Le pouvoir de la province de Kangwon

    De Hong Sang-soo, 1998, Corée du Sud

  • La vierge mise à nu par ses prétendants

    De Hong Sang-soo, 2000, Corée du Sud

  • Le jour où le cochon est tombé dans le puit

    De Hong Sang-soo, 1996, Corée du Sud

  • Salvajes

    De Carlos Molinero, 2001, Espagne

  • Paragraphe 175

    De Ron Epstein & Jeffrey Friedmann, 1999, Etats-Unis

  • Le retour de l’Idiot

    De Sasa Gedeon, 1999, République tchèque